Doubs : sanction exemplaire pour l’éleveur d’un poulain mort de maltraitance
Dans le Doubs, une affaire de maltraitance animale vient de connaître son épilogue judiciaire. Un professionnel de l’élevage équin a été lourdement sanctionné pour des actes d’une rare cruauté envers l’un de ses jeunes chevaux. Les circonstances de la découverte ont profondément choqué.
Une découverte macabre au Russey
Le 4 octobre 2025, au Russey, un poulain est retrouvé dans des conditions épouvantables. L’animal gisait au fond d’un trou, encore vivant mais présentant de graves difficultés respiratoires. Ses membres étaient entravés, l’empêchant de tout mouvement.
Malgré cette découverte, le jeune équidé n’a pu être sauvé. Il a succombé à une déshydratation sévère combinée à une hypothermie aiguë peu après avoir été retrouvé.
Une exploitation avec quarante chevaux
L’exploitant agricole, âgé de 64 ans, gérait une structure abritant une quarantaine de chevaux. Cette activité professionnelle nécessite normalement des compétences et une vigilance constantes en matière de soins animaliers.
Pourtant, les faits reprochés révèlent une négligence dramatique qui a coûté la vie à ce poulain sans défense.
Les aveux devant le tribunal
Lors de l’audience du 23 mars, le prévenu a reconnu les faits qui lui étaient reprochés. Selon ses déclarations, il pensait que l’animal était déjà décédé au moment où il l’a abandonné dans ce trou.
L’éleveur a justifié son geste en affirmant que le poulain présentait une mâchoire déformée et qu’il dépérissait depuis sa séparation d’avec sa mère. Une explication qui n’a convaincu ni le parquet ni les parties civiles.
Le réquisitoire du ministère public
Solène Nonnier, représentante du parquet, a dénoncé l’incapacité manifeste de l’éleveur à prendre les décisions appropriées. Ses réquisitions ont été suivies par le tribunal dans leur intégralité.
Le jugement traduit la gravité exceptionnelle des faits commis et la volonté de protéger les animaux contre de tels agissements.
La version contestée par les défenseurs des animaux
Christophe Gérard, qui représentait plusieurs organisations de protection animale, a fermement remis en question les justifications apportées par le prévenu. L’avocat a suggéré que la véritable motivation était d’éviter des frais vétérinaires.
Cette thèse a manifestement pesé dans la balance lors des délibérations du tribunal.
Une condamnation exemplaire
Le tribunal a prononcé une sentence particulièrement sévère. L’éleveur écope de trois mois d’emprisonnement avec sursis, assortis d’interdictions professionnelles définitives.
Il ne pourra plus jamais détenir le moindre animal ni exercer une profession impliquant un contact avec des êtres vivants non-humains. Cette mesure vise à prévenir toute récidive.
Les réparations financières
Sur le plan civil, le condamné devra verser 1 000 euros de dommages et intérêts à chacune des associations qui s’étaient constituées parties civiles dans ce dossier.
Ces indemnisations reconnaissent le préjudice moral subi par les défenseurs de la cause animale face à de tels actes de cruauté.

